Marchands de biens
Stock marchand de biens : valorisation et dépréciation
| Engagement | Bénéfice fiscal | Délai | Obligation |
|---|---|---|---|
| Engagement de revendre (art. 1115 CGI) | Taux réduit DMTO 0,715 % | 5 ans (2 ans pour ventes par lots avec droit de préemption) | Revendre le bien |
| Engagement de construire (art. 1594-0 G CGI) | Exonération DMTO, droit fixe 125 € | 4 ans (prorogeable annuellement) | Produire un immeuble neuf au sens fiscal |
| Substitution possible | Oui, dans les deux sens sous conditions | — | — |
| Sanction si non-respect | DMTO au taux normal + intérêts de retard 0,20 %/mois | — | — |
L’article 1115 du CGI prévoit que les acquisitions d’immeubles réalisées par une personne assujettie à la TVA au sens de l’article 256 A bénéficient d’une exonération partielle des droits et taxes de mutation (0,715 %) lorsque l’acquéreur prend l’engagement de revendre dans un délai de cinq ans. Conditions d’application:
Source: art. 1115 CGI, legifrance.gouv.frRéférence BOFIP: BOI-ENR-DMTOI-10-50 sur l’engagement de revendre dans un délai de 5 ans. L’engagement de revendre bénéficie à tout type d’immeuble: appartements, maisons, immeubles de rapport, locaux commerciaux, terrains… Il s’applique également aux fonds de commerce et aux actions ou parts de sociétés immobilières.
C’est le mécanisme de référence pour toutes les opérations courantes du marchand de biens.
L’article 1594-0 G A du CGI prévoit une exonération totale de DMTO (sous réserve d’un droit fixe de 125 €) pour les acquisitions d’immeubles réalisées par un assujetti lorsque l’acte contient l’engagement d’effectuer dans un délai de quatre ans les travaux conduisant à la production d’un immeuble neuf au sens de l’article 257 I-2-2° du CGI, ou nécessaires pour terminer un immeuble inachevé. Conditions d’application:
Source: art. 1594-0 G A CGI, legifrance.gouv.fr
L’engagement de construire impose une obligation de résultat : les travaux doivent effectivement être réalisés et conduire à un immeuble neuf au sens de l’article 257 I-2-2° du CGI. Un simple ravalement ou une rénovation légère ne suffit pas. Le non-respect entraîne le rappel des DMTO au taux normal majoré des intérêts de retard (0,20 % par mois).
Le CGI prévoit une possibilité de substitution entre les deux engagements, permettant d’adapter la stratégie en cours d’opération: De l’engagement de revendre vers l’engagement de construire: l’acquéreur qui a initialement pris un engagement de revendre peut y substituer un engagement de construire avant son échéance. Le nouvel engagement prend effet à compter de la date de souscription et vaut accomplissement de l’engagement de revendre initial.
De l’engagement de construire vers l’engagement de revendre: en cas d’acquisitions successives, la personne à laquelle s’impose l’engagement de construire peut, dans la limite de 5 ans à compter de la date à laquelle il a été souscrit par le premier acquéreur, y substituer un engagement de revendre.
Cet engagement de revendre est réputé avoir pris effet à compter de la même date. La possibilité de substitution est un outil de souplesse précieux.
Elle permet par exemple à un marchand de biens qui a pris un engagement de construire de revendre le bien à un promoteur sans perdre le bénéfice de l’exonération, à condition que le promoteur reprenne l’engagement dans les délais impartis. Documentez soigneusement chaque substitution dans les actes notariés.
En cas de non-respect de l’engagement pris, qu’il s’agisse de l’engagement de revendre ou de l’engagement de construire, le marchand de biens est redevable:
Le délai de 4 ans de l’engagement de construire peut être prorogé annuellement sur demande motivée adressée à l’administration fiscale du lieu de situation de l’immeuble.
Le suivi des délais d’engagement est une obligation de gestion critique pour tout marchand de biens. Un oubli ou un dépassement de délai peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de DMTO rappelés, auxquels s’ajoutent des années d’intérêts de retard.
Hypothèse: achat d’un immeuble de rapport à 500 000 € avec engagement de revendre (art. 1115 CGI). Avec engagement de revendre respecté:
Si l’engagement n’est pas respecté dans le délai de 5 ans:
Sur un immeuble à 500 000 €, l’engagement de revendre génère une économie immédiate de 27 925 € de DMTO. C’est un levier de trésorerie considérable qui améliore directement la rentabilité de l’opération.
À l’inverse, sa non-application ou le non-respect de ses conditions peut entraîner un coût nettement plus important.
BOI-ENR-DMTOI-10-50 n° 110 : « Lorsqu’à l’échéance du délai de cinq ans, l’engagement de revendre n’est respecté que pour une fraction du bien sur lequel il portait, l’acquéreur est redevable des droits dont il a été dispensé, ainsi que des frais et intérêts de retard qui en résultent, à hauteur de la différence entre le prix auquel il avait acquis le bien et le prix auquel a été vendu la (ou les) fraction du bien pour laquelle l’engagement a été respecté. Cette solution s’applique par parcelle ou lot lorsque leur prix d’acquisition a été distingué dans l’acte. »
Ainsi, si l’acte d’acquisition mentionne un actif immobilier acquis pour un montant de 200 000 € et que les lots revendus par le marchand de biens génèrent un chiffre d’affaires total de 250 000 €, l’engagement de revendre est considéré comme respecté, même si l’intégralité des lots n’a pas été cédée.
| Critère | Engagement de revendre (art. 1115 CGI) | Engagement de construire (art. 1594-0 G CGI) |
|---|---|---|
| Bénéfice fiscal | Taux réduit de DMTO | Exonération totale DMTO, droit fixe 125 € |
| Délai | 5 ans (2 ans pour ventes par lots avec droit de préemption) | 4 ans (prorogeable annuellement sur demande) |
| Obligation | Revendre le bien | Réaliser des travaux produisant un immeuble neuf |
| Sanction si non-respect | DMTO au taux normal + intérêts de retard (0,20 %/mois) | DMTO au taux normal + intérêts de retard (0,20 %/mois) |
| Biens concernés | Tous immeubles, fonds de commerce, parts de SCI | Terrains à bâtir et immeubles à rénover (état neuf) |
| Substitution possible | Oui vers engagement de construire (dans les 5 ans du 1er acquéreur) | Oui vers engagement de revendre (avant échéance) |
L’engagement de revendre et l’engagement de construire sont deux outils fiscaux incontournables du marchand de biens. Ils permettent de limiter les droits de mutation à l’acquisition, un gain immédiat qui peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros par opération, en contrepartie d’une obligation de résultat strictement encadrée dans le temps.
La clé du succès réside dans trois points: la mention expresse de l’engagement dans l’acte notarié, le choix du bon engagement selon la nature de l’opération envisagée, et le suivi rigoureux des délais. Chez KONTEA, nous accompagnons les marchands de biens dans la structuration fiscale de chaque acquisition et assurons le monitoring des engagements en cours.
Prenez rendez-vous afin d’échanger sur votre prochaine opération et envisager une future collaboration avec notre cabinet.
Avertissement: cet article est rédigé à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Nous vous invitons à consulter un professionnel pour toute situation particulière. Les textes fiscaux cités sont susceptibles d’évoluer.
Le délai de l’engagement de revendre est de 5 ans à compter de l’acte d’acquisition. Pour les ventes par lots déclenchant le droit de préemption du locataire (loi du 31 décembre 1975 ou du 6 juillet 1989), le délai est ramené à 2 ans.
L’article 1594-0 G A du CGI prévoit une exonération totale de DMTO (sous réserve d’un droit fixe de 125 €) pour les acquisitions d’immeubles réalisées par un assujetti lorsque l’acte contient l’engagement d’effectuer dans un délai de 4 ans les travaux conduisant à la production d’un immeuble neuf au sens de l’article 257 I-2-2° du CGI, ou nécessaires pour terminer un immeuble inachevé.
Oui. L’acquéreur qui a initialement pris un engagement de revendre peut y substituer un engagement de construire avant son échéance. Le nouvel engagement prend effet à compter de la date de souscription et vaut accomplissement de l’engagement de revendre initial.
Le marchand de biens est redevable des droits de mutation au taux normal (6,30 % pour les immeubles anciens, 0,715 % pour les TAB/immeubles neufs soumis à TVA obligatoire), des intérêts de retard au taux de 0,20 % par mois (soit 2,40 % par an), et d’une éventuelle majoration en cas de manquement délibéré constaté par l’administration.
ROLLAND Remi - Expert-Comptable chez Kontea
Rémi ROLLAND, expert-comptable et cofondateur du cabinet KONTEA à Lyon, accompagne les entrepreneurs depuis plus de 10 ans. Passionné d’immobilier et spécialiste de l’activité de marchand de biens, il partage son expertise en comptabilité, fiscalité et stratégie immobilière à travers ses articles et ses interventions auprès des professionnels du secteur.
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