Marchands de biens
Stock marchand de biens : valorisation et dépréciation
Trouver des opportunités rentables ne constitue que la moitié du métier de marchand de biens. L’autre volet, tout aussi capital, exige de convaincre les banques et vos partenaires prêteurs de s’engager à vos côtés.
Dans le secteur immobilier, obtenir un financement opération marchand de biens requiert de maîtriser les mécanismes du crédit professionnel, d’assurer une bonne gestion de trésorerie et de bâtir un dossier solide dès le départ. Que vous souhaitiez devenir marchand de biens pour lancer votre premier projet ou que vous soyez déjà un marchand expérimenté gérant plusieurs opérations, le financement reste le nerf de la guerre.
Les analystes de chaque réseau bancaire passent au crible vos devis d’artisans, vérifient votre prix de sortie et évaluent votre capacité financière. Ce guide complet réunit notre expertise pour optimiser la rentabilité de votre entreprise sans essuyer de refus.
| Solution | Modalités et durée | Niveau d'apport requis | Taux et dépenses observés | Avantages clés | Points de vigilance |
|---|---|---|---|---|---|
| Prêt bancaire professionnel | In fine, deux à trois ans (prolongeable à cinq ans) | 15 % à 40 % de l'enveloppe globale | 5 % à 7 % | Financement maîtrisé, pas d'ouverture du capital | Caution personnelle fréquente, hypothèque de premier rang |
| Compte courant d'associé | Liquidités mobilisées sur la durée du chantier | 100 % des fonds engagés | Rémunération selon plafond fiscal | Rassure le réseau bancaire, souplesse de gestion | Liquidités immobilisées jusqu'au dénouement |
| Crowdfunding immobilier | Emprunt obligataire, un à trois ans | Complément d'apport (ne remplace pas les fonds propres) | 10,6 % par an en moyenne + 5 % à 8 % de commission | Rapidité de collecte, aucun partage du capital | Charge financière élevée (21 % à 24 % sur dix-huit mois) |
| Love money et prêts privés | Prêt personnel ou obligations privées | Variable selon l'accord | Intérêts contractuels sous plafond d'usure | Souplesse de négociation entre proches | Formalisme juridique strict, risque sur le patrimoine du dirigeant |
| Avance de holding | Convention intragroupe | Selon les réserves disponibles | Conditions de marché ou légales | Agilité de transfert entre filiales d'un même groupe | Nécessite une structure sociétaire préalable |
Pour près de 80 % des marchands de biens, le prêt bancaire in fine sur deux à trois ans demeure la solution de référence, complété par un apport de 15 % à 40 % du montant total de l’opération.
Financer une opération de marchand de biens ne ressemble en rien à un crédit immobilier locatif ordinaire. Là où l’investisseur patrimonial recherche des loyers réguliers, le marchand de biens exerce une activité commerciale d’achat, de travaux de rénovation et de revente rapide de biens immobiliers.
Cette activité impose quatre spécificités que tout marchand de biens doit maîtriser pour son métier:
Pour un marchand de biens débutant, le principal frein reste l’absence d’antécédents d’opérations couronnées de succès. Beaucoup de banques réclament un historique d’une ou deux opérations réussies avant d’ouvrir un robinet de crédit conséquent.
Néanmoins, financer une première opération reste accessible si votre dossier présente un bon prix d’achat, des devis d’artisans détaillés et une étude de marché solide.
Dans tout projet d’achat revente de biens immobiliers, les fonds propres constituent le socle de crédibilité indispensable pour obtenir la confiance des banques.
Les banques demandent entre 15 % et 40 % de fonds propres, conformément aux observations sectorielles du CNOEC de mars 2026. Règle fondamentale: ce pourcentage d’apport se calcule sur le coût total de l’opération, et non uniquement sur le prix d’achat des biens.
Ce budget global englobe:
Si le coût global d’une opération atteint 500 000 euros, un apport de 20 % impose de mobiliser 100 000 euros. Descendre sous les 15 % relève de l’exception absolue.
Pour une première opération, les banques attendent généralement entre 20 % et 30 % d’apport personnel pour valider le prêt.
Pour réunir cette mise de départ, le marchand de biens qui souhaite se lancer fait appel à différentes sources d’épargne: trésorerie personnelle, déblocage d’un plan d’épargne, revente d’un actif privé ou love money sollicitée auprès de proches. En pratique comptable, cet apport n’est pas obligatoirement injecté au capital: il arrive le plus souvent dans la société sous forme de compte courant d’associé.
Ce montage procure une excellente souplesse de gestion, car l’entreprise rembourse ce compte courant au marchand dès que la revente des biens immobiliers dégage la trésorerie nécessaire, sans fiscalité pénalisante.
Le recours au crédit bancaire professionnel demeure le levier le plus économique pour bâtir une activité pérenne d’achat revente de biens.
Le prêt consenti au marchand de biens fonctionne sur le mode in fine. Sa durée contractuelle se situe entre 24 et 36 mois, prolongeable jusqu’à 60 mois si des contraintes d’urbanisme ou des travaux de réhabilitation rallongent les délais.
Pendant toute l’opération, l’entreprise préserve ses disponibilités: le marchand de biens ne rembourse aucun capital périodique, mais acquitte uniquement les intérêts d’emprunt. Le remboursement du capital s’effectue directement chez le notaire lorsque le marchand finalise la vente des différents biens et lots réaménagés.
Les conditions de taux observées sur le marché s’établissent actuellement entre 4,5 % et 7 %. Le taux exact dépend de la solidité du dossier, de la qualité du bilan, de la nature des travaux et de l’emplacement géographique des biens immobiliers.
En contrepartie, les banques prennent des garanties réelles et personnelles: hypothèque de premier rang sur les biens, caution personnelle du dirigeant et clauses d’affectation du prix de chaque vente au remboursement prioritaire de l’emprunt lors des cessions par lot.
La politique de financement varie fortement selon les régions, et les banques en ligne n’interviennent que rarement, voire jamais, pour financer un marchand de biens. Les réseaux mutualistes et les banques régionales réalisent la majorité des financements, complétés par certaines banques privées.
En pratique, nous retrouvons sur ce marché:
Pour une première opération ou un montage atypique (division complexe, transformation de locaux commerciaux en logements), passer par un courtier spécialisé marchand de biens offre un accès direct aux comités de décision bancaires et une connaissance fine de leurs exigences.
Le prêt consenti au marchand de biens fonctionne sur le mode in fine : pendant toute l’opération, le marchand ne rembourse aucun capital périodique mais acquitte uniquement les intérêts d’emprunt. Le remboursement du capital s’effectue chez le notaire lors de la vente des biens.
Le crowdfunding immobilier consiste à collecter des capitaux auprès d’investisseurs via une plateforme en ligne, le plus souvent sous la forme d’un emprunt obligataire ou prêt participatif. Le crowdfunding peut servir à financer une opération en complément d’un apport personnel ou d’un financement bancaire.
En revanche, il ne remplace pas l’apport personnel. Les banques sont de moins en moins favorables aux opérations dont une partie de l’apport provient du crowdfunding : elles veulent un vrai apport du porteur de projet, c’est-à-dire des fonds qui lui appartiennent et qu’il risque personnellement dans l’opération.
Un apport financé par une levée de fonds reste une dette, qui s’ajoute au prêt bancaire et devra être remboursée en priorité. Le coût réel de cette ressource s’avère nettement supérieur au taux facial annoncé:
Exemple: pour une levée sur dix-huit mois, comptez environ 16 % d’intérêts cumulés (10,6 % × 1,5) et 5 % à 8 % de commission, soit 21 % à 24 % du montant levé. Cette charge financière doit impérativement être intégrée dans le calcul de marge pour éviter toute déconvenue sur la rentabilité finale.
Pour respecter le cadre légal, choisissez une plateforme agréée PSFP (prestataire de services de financement participatif), dont la liste officielle est publiée par l’AMF. Parmi les acteurs actifs sur les projets de marchands de biens figurent notamment La première brique, Bricks, Homunity et Raizers.
Le marché se concentre: vérifiez la santé financière de la plateforme sélectionnée et son historique de remboursement auprès des investisseurs.
Les banques sont de moins en moins favorables aux opérations dont une partie de l’apport provient du crowdfunding : elles veulent un vrai apport du porteur de projet, c’est-à-dire des fonds qui lui appartiennent et qu’il risque personnellement dans l’opération.
Trois solutions permettent à un proche ou à un investisseur privé d’accompagner le marchand de biens:
Bon à savoir : le prêt entre entreprises encadré par l’article L511-6 (3 bis) du Code monétaire et financier est rarement utilisable par un marchand de biens, car il suppose un lien économique étroit et plafonne les sommes. En revanche, une holding peut librement accorder des avances de trésorerie à ses filiales en vertu de l’article L511-7 du même code : c’est l’organisation idéale pour un marchand de biens structuré en groupe d’affaires.
Quand la capacité d’endettement bancaire est atteinte ou que l’enveloppe d’apport personnel nécessite un complément, d’autres financements permettent de structurer le tour de table.
L’emprunt obligataire est un instrument de financement qui s’adresse à tous les marchands de biens, débutants comme confirmés et que l’on retrouve dans le crowdfunding et la love money. Cet instrument permet de solliciter des investisseurs sans ouvrir le capital ni diluer le pouvoir de gestion.
Deux formes coexistent:
Pour émettre des obligations, le capital doit être entièrement libéré et la société doit justifier de deux bilans approuvés. À défaut, un commissaire vérifie préalablement l’actif et le passif social, sauf si l’émission est garantie par une société mère affichant deux bilans réguliers ou par un organisme public (article L228-39 du Code de commerce).
Une SARL ne peut émettre que des obligations nominatives sous réserve de trois exercices certifiés par un commissaire aux comptes (article L223-11 du Code de commerce): en pratique, l’emprunt obligataire reste l’outil privilégié de la SAS. Les intérêts versés aux obligataires et les commissions de plateforme sont déductibles du bénéfice imposable.
La durée d’émission est généralement alignée sur le cycle du projet, entre un et trois ans.
Face à un analyste bancaire ou à un comité de sélection, la qualité du business plan et la rigueur des pièces justificatives font toute la différence. Banques régionales et plateformes étudient un ensemble de documents regroupés en deux volets.
Pour instruire votre demande, les financeurs exigent des justificatifs précis:
Il n’existe pas de dossier type passe-partout. L’équipe KONTEA vous accompagne dans la construction personnalisée de votre dossier: élaboration du budget prévisionnel, plan de trésorerie dynamique et argumentation financière face au banquier ou à la plateforme.
Un dossier complet et structuré par un expert-comptable spécialisé dans le métier de marchand de biens rassure immédiatement le comité d’engagement et peut faciliter l’obtention d’un financement.
Obtenir un accord d’emprunt ne suffit pas : le marchand de biens doit s’assurer que ses équilibres financiers protègent sa rentabilité contre les aléas de marché.
Pour mesurer le risque d’un dossier, la banque examine trois indicateurs clés:
Sur un chantier immobilier, les imprévus techniques sont monnaie courante. Nous recommandons de sanctuariser deux postes de sécurité:
Le marchand de biens doit également chiffrer l’ensemble des frais de portage si les délais de vente s’allongent: intérêts bancaires intercalaires, charges de copropriété sur les biens invendus, taxe foncière locale et assurances. Le bon réflexe consiste à simuler la rentabilité de votre projet en vérifiant qu’il dégage encore une bonne marge si la revente finale prenait six mois de retard.
Obtenir le financement d’une opération de marchand de biens requiert de combiner rigueur comptable, anticipation des charges de portage et transparence vis-à-vis des banques. Vous préparez une prochaine opération et souhaitez sécuriser la présentation de votre dossier de financement? Contactez notre équipe de spécialistes pour auditer vos marges et défendre votre projet auprès des financeurs. L’équipe KONTEA
Qu’il s’agisse de négocier un prêt in fine, d’organiser un apport en compte courant d’associé ou de structurer une émission obligataire privée, un montage équilibré protège directement la rentabilité et la plus-value de votre activité.
C’est quasi impossible, que ce soit auprès d’une banque ou d’une plateforme de crowdfunding. Toutes deux exigent un apport personnel, c’est-à-dire des fonds que le porteur de projet engage lui-même dans l’opération, ainsi que des garanties personnelles, comme la caution du dirigeant.
Le taux dépend du dossier, de la banque, de la durée et du niveau d’apport. Les taux observés sur le marché actuel se situent entre 5 % et 7 %.
Non, la SCI classique n’est pas adaptée à l’activité de marchand de biens en raison du risque de requalification fiscale et commerciale. Exercer ce métier commercial au sein d’une société civile immobilière entraîne l’assujettissement automatique à l’impôt sur les sociétés et fait peser une responsabilité indéfinie sur les associés. Pour acheter et revendre des biens immobiliers, il convient d’opter pour une société commerciale par la forme, telle qu’une SAS, SASU, SARL ou EURL.
Oui. Notre équipe vous présente les solutions de financement adaptées à votre situation, puis vous accompagne dans leur mise en place. Nous travaillons avec des avocats partenaires pour la rédaction des contrats, notamment les contrats d’émission obligataire. Nous prenons en charge toutes les déclarations fiscales de votre société liées à ces financements : la déclaration et le paiement des prélèvements sur les intérêts versés (formulaire 2777), et la déclaration annuelle des intérêts versés aux investisseurs (IFU, formulaire 2561). Enfin, nous gérons les échanges avec le commissaire aux comptes lorsque son intervention est nécessaire, par exemple pour la vérification préalable à une émission d’obligations.
KONTEA peut réaliser un audit du budget prévisionnel de votre opération avant que vous ne la présentiez à la banque. Nous vérifions que tous les coûts ont bien été pris en compte (acquisition, travaux, imprévus, frais financiers, frais de portage) et que la marge obtenue répond aux attentes des financeurs. Vous présentez ainsi à votre banque un projet solide et complet.
ROLLAND Remi - Expert-Comptable chez Kontea
Rémi ROLLAND, expert-comptable et cofondateur du cabinet KONTEA à Lyon, accompagne les entrepreneurs depuis plus de 10 ans. Passionné d’immobilier et spécialiste de l’activité de marchand de biens, il partage son expertise en comptabilité, fiscalité et stratégie immobilière à travers ses articles et ses interventions auprès des professionnels du secteur.
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