Marchands de biens
Stock marchand de biens : valorisation et dépréciation
Ce guide reprend, article par article du CGI, les règles applicables aux deux régimes fiscaux du marchand de biens: mécanique de l’IR, mécanique de l’IS, exemple chiffré comparatif, tableau de synthèse et critères de décision.
| Critère | IR (Impôt sur le Revenu) | IS (Impôt sur les Sociétés) |
|---|---|---|
| Taux d'imposition | Barème progressif 0 % à 45 % + prélèvements sociaux | 15 % (< 42 500 €) puis 25 % |
| Imposition des bénéfices | Immédiate, dès réalisation, dans la liasse de l'associé | Au niveau société d'abord, puis dividendes au niveau associé (PFU 31,4 %) |
| Réinvestissement | Difficile, bénéfice toujours imposé même si réinvesti | Favorisé, IS 25 % puis conservation des liquidités |
| Rémunération du dirigeant | Non déductible | Déductible du résultat imposable |
| Adapté à | MDB débutant, TMI ≤ 30 %, activité ponctuelle | MDB professionnel, TMI > 30 %, volume d'opérations, capitalisation |
À l’IR, les bénéfices réalisés par la structure sont directement imposés entre les mains de l’associé, dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Le résultat de la société remonte dans la déclaration personnelle de l’associé, qu’il soit distribué ou non.
Structures concernées:
Avantages de l’IR:
Inconvénients de l’IR:
Référence BOFIP: BOI-BIC-CHAMP-20-10-10 sur le champ d’application du régime BIC des marchands de biens.
L’IR est adapté aux marchands de biens débutants avec de faibles revenus annexes et un taux marginal d’imposition bas (TMI ≤ 30 %). Au-delà, l’IS devient quasi systématiquement plus avantageux.
À l’IS, c’est la société qui est imposée sur ses bénéfices à un taux fixe, indépendamment de la situation personnelle des associés. Les bénéfices ne remontent dans la sphère personnelle qu’au moment de leur distribution (dividendes), ce qui offre une grande souplesse. Taux d’IS en vigueur:
Imposition des dividendes:
Avantages de l’IS:
Inconvénients de l’IS:
L’IS est quasi systématiquement recommandé pour un MDB à partir du moment où son TMI personnel dépasse 30 %. Le différentiel de taux (25 % IS vs 45 % IR + prélèvements sociaux) est souvent considérable sur des marges importantes.
Hypothèse: bénéfice net de 150 000 €, associé célibataire, TMI 41 % à l’IR, souhait de distribuer 50 % et réinvestir 50 %.
À l’IR:
À l’IS (distribution 75 000 € + réinvestissement 75 000 €):
L’associé à l’IR dispose uniquement de 60 600€ pour réinvestir dans de nouveaux projets contre 98 420€ pour l’associé à l’IS, sur un seul exercice.
Plus le bénéfice est élevé et plus la part réinvestie est importante, plus l’IS est avantageux. L’IS permet de n’être imposé qu’à 25 % sur la part réinvestie, contre TMI + prélèvements sociaux à l’IR.
Chez KONTEA, nous appliquons une règle simple pour orienter nos clients: si votre taux marginal d’imposition personnel (TMI) est inférieur ou égal à 30 % et que vous réalisez moins de 2 opérations par an, l’IR peut suffire. Au-delà, l’IS est quasi systématiquement plus avantageux.
Le raisonnement est le suivant: à l’IS, la fraction réinvestie n’est imposée qu’à 25 % (contre TMI + prélèvements sociaux à l’IR). Sur 10 ans de capitalisation, l’écart est considérable.
Par ailleurs, l’IS permet de moduler la rémunération du dirigeant en fonction des exercices, ce qui offre une flexibilité optimale face aux aléas de l’activité marchande de biens. Références: art. 8 et 206 CGI (régimes IR/IS), art. 219 CGI (taux IS), art. 200 A CGI (PFU), BOI-BIC-CHAMP-20-10 (MDB)
| Critère | Impôt sur le Revenu (IR) | Impôt sur les Sociétés (IS) |
|---|---|---|
| Taux d'imposition | Barème progressif 0 % à 45 % + Prélèvements sociaux 18,6 % ou 10,6 % | 15 % (< 42 500 €) puis 25 %. Dividendes : PFU 31,4 % ou barème IR |
| Structures concernées | SNC, SEP, SARL/SAS sur option | SAS, SASU, SARL, EURL, sur option : SNC / SEP |
| Imposition du bénéfice | Immédiate, dès réalisation du bénéfice, dans la liasse de l'associé | Au niveau société d'abord (25 %), puis dividendes au niveau associé (PFU 31,4 %) |
| Déficits reportables | Imputables sur revenu global de l'associé (si BIC professionnel) | Reportables sur bénéfices futurs de la société (sans limite de durée) |
| Rémunération du dirigeant | Non déductible (le bénéfice est directement imposé) | Déductible du résultat imposable (réduit l'IS) |
| Protection patrimoine | Forte si responsabilité limitée aux apports (SAS, SARL) | Forte, responsabilité limitée aux apports (SAS, SARL) |
| Réinvestissement des bénéfices | Difficile, bénéfice toujours imposé même si réinvesti | Favorisé, IS 25 % et conservation des liquidités dans la société |
Le choix entre IR et IS n’est pas anodin: il engage la structuration de votre activité pour plusieurs années. L’IR peut convenir en phase de démarrage ou pour des opérations ponctuelles à faible volume.
Mais dès que l’activité se développe et que les marges deviennent significatives, l’IS s’impose comme le régime de référence pour les marchands de biens professionnels. La clé réside dans la simulation fiscale préalable: avant de choisir ou de changer de régime, faites modéliser votre situation sur 3 à 5 ans avec votre expert-comptable.
Chez KONTEA, nous pouvons réaliser cette projection pour nos clients MDB afin d’ optimiser leur structuration fiscale dès le départ. Prenez rendez-vous pour un audit de structuration fiscale.
Avertissement: cet article est rédigé à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Nous vous invitons à consulter un professionnel pour toute situation particulière. Les textes fiscaux cités sont susceptibles d’évoluer.
Article rédigé par l’équipe KONTEA, expert-comptable spécialisé marchand de biens, Lyon.
À l’IR, les bénéfices réalisés sont directement imposés entre les mains de l’associé, dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). À l’IS, c’est la société qui est imposée sur ses bénéfices à un taux fixe (15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà), indépendamment de la situation personnelle des associés.
L’IR est adapté aux marchands de biens débutants avec de faibles revenus annexes et un taux marginal d’imposition bas (TMI ≤ 30 %). Au-delà, l’IS devient quasi systématiquement plus avantageux. Le différentiel de taux (25 % IS vs 45 % IR + prélèvements sociaux) est souvent considérable sur des marges importantes.
Non. Une SCI à l’IR n’a pas vocation à exercer une activité de marchand de biens. Cette activité est commerciale et doit être exercée dans une structure adaptée : SAS, SARL, EURL ou SNC selon les cas. Une SCI qui achète des biens pour les revendre de façon habituelle risque d’être requalifiée : elle devient alors soumise à l’impôt sur les sociétés (art. 206-2 du CGI), et l’administration peut recalculer et imposer à l’IS les résultats de ses opérations.
Les dividendes sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux), ou sur option au barème progressif de l’IR avec abattement de 40 % sur les dividendes.
ROLLAND Remi - Expert-Comptable chez Kontea
Rémi ROLLAND, expert-comptable et cofondateur du cabinet KONTEA à Lyon, accompagne les entrepreneurs depuis plus de 10 ans. Passionné d’immobilier et spécialiste de l’activité de marchand de biens, il partage son expertise en comptabilité, fiscalité et stratégie immobilière à travers ses articles et ses interventions auprès des professionnels du secteur.
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